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Dimanche 15 juillet 7 15 /07 /Juil 21:54

Film de Jang Sun-Woo

 

Fantasmes.jpg

 

 

Dans Fantasmes, de Jang Sun-woo, un homme d’âge mur et une adolescente s’amusent à faire zizi-panpan à poil. Interdite en Corée du Sud pour pornographie, cette jolie autopsie du désir SM filmée par un réalisateur subversif sud-coréen toqué de Nabokov ravive un certain empire des sens. Les matins ne seront plus jamais calmes.

 


A l’origine, Fantasmes est un roman écrit par Jang Jung Il sorti en 1996 qui ne raconte que la passion joviale puis dévastatrice entre un homme et une lolita qui succombent à tout plein de plaisirs que la morale récuse. Sans surprise, il fit couler beaucoup d’encre en Corée (il a été interdit par la censure et l’auteur a écopé de quelques mois de prison pour ses écrits libidineux). Pour enquiquiner le démon puritain coréen, l’enfant terrible du pays Jang Sun-woo, qui a collaboré à l’écriture du roman, a eu la bonne idée d’en faire une adaptation pour le grand écran. Conscient de sa lourde tache, il n’avait pas le droit à l’erreur. Résultat? Une réussite. En France, le film est sorti il y a environ six ans, avec un an de retard. Juste avant la délicieuse Ile de Kim Ki-Duk où le sadomasochisme cérébral et physique s’illustrait sur des bungalows lacustres avec tout plein d’hameçons sanguinolents, de grain dans la tête et de poésie dans la mise en image.

 

 


La date de sortie de Fantasmes dans nos salles fut très importante parce que représentative du climat d’alors. Plus précisément, au moment où le road-movie proféministe Baise-Moi s’attirait les foudres de dame censure et jonglait entre interdictions aux moins de seize, aux moins de dix-huit, à tout le monde. Fantasmes n'est pas en soi un objet rare mais il aurait aisément pu le devenir si la commission de censure made in France n’avait pas été aussi clémente. Il faut dire qu’un passage par la Moestra de Venise a joué dans cette bienveillance (le film reçut un excellent accueil critique). Le problème, c’est qu’à défaut d’être une énième bête de festival, il s’agit véritablement d’un film subversif qui réchauffe les sens et fait du bien partout dans le corps et la tête. Dans Fantasmes, deux individus d’âges très différents (ô scandale) passent leur temps à faire des expérimentations sexuelles où la jouissance et la souffrance s’étranglent dans le même râle, à explorer les parties intimes de leurs corps, à se reluquer dans des positions lascives très excitantes, à jouer à se posséder, à se dominer voire même à se donner des coups quand la simple étreinte ne suffit pas.

 

 


Outre l’écart d’âge entre les personnages, décapitant au passage le fantasme de la petite lycéenne asiatique, c’est surtout la grande question du sadomasochisme qui pose problème. D’autant que le réalisateur aurait facilement pu tomber dans les pires travers du genre arty. Grosso modo, la théorie vaseuse qui serait aussi passionnante qu’une bonne dissertation sur la loi et la pulsion. Réjouissons-nous : Jang Sun-woo préfère laisser parler les corps, les envies, les sentiments et balancent aux orties les affinités électives. Si les deux protagonistes s’amusent (et nous avec) à se balancer des insanités dans le creux de l’oreille (le genre de choses que seuls les vrais amoureux peuvent faire, sans avoir peur de rien ni même du ridicule) ou à faire des pique-niques improvisés où les discussions ne tournent pas forcément autour de la bagatelle, Fantasmes raconte avant tout une quête doloriste du plaisir à travers donc la souffrance et surtout une reconnaissance de soi à travers les sens. L’utilisation de la DV qui a priori ne donne pas toujours des effets remarquables est ici totalement judicieuse pour coller à l’intimité des deux amants confinés dans leur nid d’alcôve. Loin des autres mais proches de nous. Et ces scènes de sexe sont longues, silencieuses, belles, charnues, sans complexe ni tralala.

 

 

 

 

Dans son savant mélange de réalité et de fiction (interventions des comédiens qui donnent l’impression de passer un casting), Jang Sun-woo cherche la proximité mais surtout une réflexion sur ce qui est montrable au cinéma ou pas (vraie frontière entre l'érotisme et la pornographie). Il avait déjà fait ça dans Timeless, Bottomless, Bad Movie, son précédent long, dans lequel la jeunesse de Séoul passait devant sa caméra, créant ainsi une dimension documentaire, convoquant par ailleurs toute sorte de médiums (publicité, reportage). Le bordel formel de Fantasmes et ses brusques interruptions dans le récit proviennent de ces facéties passées. Chez nos amoureux é(perdus), la sexualité s’épanouit dans la litanie des jours et les jeux de plus en plus coquins. L’amour naît dans l’égoïsme et la provocation (discussion franche dans un taxi ou le métro). Leurs corps respectifs n’appartiennent qu’à eux deux si bien qu’ils finissent par se ressembler physiquement (sempiternel mythe de l’androgynie).

 

 

 

 

En terme de cinéma, l’esprit cogite sans crier gare. Réalisateur d’un très médiocre Resurrection of the Little Matchgirl, sur lequel on ne s’étendra pas, Jang Sun-woo, ici en pleine possession de ses moyens, multiplie les contrepoints binaires (sexe et amour, soumission et domination, frivolité et gravité) et s’en sort plus que bien. La preuve avec ses images en demi-teintes (c’est à la fois drôle – quand la copine de la jeune fille découvre les marques sur les fesses de sa camarade et se rend compte qu’il est possible de faire l’amour de différentes façons – et tristes – quand la demoiselle cheveux coupés bat pour la dernière fois un monsieur mélancolique) et son utilisation audacieuse d’une bande-son très techno-eurodance immature comme désynchronisée. Connaissant le passé du réalisateur, on ne s’étonnera pas de ces mélanges fructueux, le bonhomme ayant déjà fait ses preuves dans un film au sujet quasi-similaire (L’amour à Umukbaemi) sans toutefois oser pousser le bouchon aussi loin dans la représentation sexuelle sans fards ni tabous. En creux, le film dit deux trois choses vraies sur le couple qu'il soit éphémère ou non (rapports de force souterrains, jalousie qui contamine même les couples les plus open, attente fébrile provoquée par l'absence de l'autre). Les scènes les plus anodines rendent compte de l’obsession qui contamine les personnages au corps et au cœur. Dans leur vie comme dans le film, il ne sera question que de ça et de rien d’autre.

 

 

 

 


Les éléments périphériques comme les apparitions du grand frère inquiet n’ont qu’une incidence (parfois tragiques) sur les événements, démontrant la puissance d’une liaison exclusive, dangereuse, aveugle, sacrée et égoïste. Poussons le vice : le vrai discours peut être lu en filigrane étant donné que le sexe est mis au même niveau que le travail; et les fantasmes bureaucratiques (qui peuvent être ceux du spectateur) déchantent très vite. Sans chercher à mettre du I dans son Q, il suffit au réalisateur de varier la luminosité, de ralentir les images ou d’utiliser le flou pour retranscrire l’extase du sexe qui peut s’exprimer au lit comme en discothèque. Alors, Fantasmes, film de petit malin pour vieux obsédés? Heureusement, non. En reluquant les moindres soubresauts d’une histoire secrète, il y a non pas le malaise du voyeuriste mais un vrai émoi personnel et intérieur qui pointe au moment où on s’y attend le moins. A laquelle on accordait aucune importance au début (procédé pataud et télévisuel qui consiste à faire intervenir les personnages/acteurs face caméra) et qui, finalement, nous rattrape, nous touche de plein fouet. Le fantasme du titre est ce que nous transposons à l’écran et l’identification qu’il permet.

 

 

Mon commentaire

 

Film découverte de l'escalade des expériences du désir, sexe, amour et délire sans frontières!

Par Fernanda - Publié dans : DVD
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